Glucides, fibres et cancer du sein : évaluation du risque

Pains

Lors de la consommation de glucides, le niveau d’insuline augmente, ce qui pourrait affecter le risque de cancer du sein. La consommation de fibres (composés glucidiques) peut également influencer le risque de cancer du sein, une influence qui pourrait varier selon le statut en récepteurs hormonaux du cancer du sein.

L’équipe E3N a mené une analyse pour évaluer la consommation de glucides et de fibres, l’indice glycémique (IG) et la charge glycémique (CG) en relation avec le risque de cancer du sein global et défini selon ses récepteurs hormonaux. Pour les glucides, ces associations ont été examinées en tenant compte des marqueurs de la résistance à l’insuline, le tour de taille en particulier.

Les rôles des fibres solubles et insolubles

Toutes les fibres ne jouent pas le même rôle dans l’organisme. Les fibres insolubles sont non digérées et aident à réguler la fonction intestinale. En ralentissant la digestion, elles favorisent la satiété et contribuent ainsi au contrôle de l’appétit et du poids. Les fibres solubles peuvent contribuer à baisser le taux de cholestérol sanguin. En agissant comme un filtre au niveau de l’intestin, on pense qu’elles ralentiraient l’absorption des glucides.

Indice glycémique et charge glycémique

L’indice glycémique (IG) indique la vitesse à laquelle un aliment contenant des glucides libère du glucose dans le sang. L’IG sert ainsi à comparer le pouvoir hyperglycémiant d’aliments contenant une même quantité de glucides.

Afin de prendre également en compte la quantité ingérée d’un aliment, la charge glycémique (CG) d’un aliment évalue la capacité d’une portion standard de cet aliment à élever le glucose sanguin. La charge glycémique s’obtient en multipliant l’IG par la quantité de glucides d’une portion de l’aliment, puis en divisant par 100.

CG = [IG x quantité de glucides d’une portion d’aliment (g)] / 100

IG
Indice Glycémique et Charge Glycémique de quelques aliments

 

La viande, le poisson, la salade, le fromage, les œufs apportent peu ou pas de glucides. La plupart des fruits ont un indice glycémique autour de 40-55 % et une charge glycémique (pour une portion de fruit de 120 g comprise entre 4 et 7 (excepté 12 pour la banane). Les légumes graines (petits pois, lentilles, maïs) ont un indice glycémique autour de 30-55 % et une charge glycémique (pour une portion de 150 g comprise entre 5 et 17.

Des résultats précisés pour l’influence des glucides

Les données de 62 739 femmes ménopausées de la cohorte E3N ont été examinées. Pendant les 9 années de suivi (1993-2002), 1 812 cas de cancer du sein ont été identifiés.

La consommation médiane de fibres totales s’élevait à 24 grammes par jour (g/j) réparties en 5 g/j de fibres solubles et 19 g/j de fibres insolubles. Aucune association n’a été observée entre l’apport en fibres totales, solubles ou insolubles et le risque de cancer du sein.

La consommation médiane de glucides s’élevait à 223 g/j, l’IG à 56 et la CG à 122. La consommation de glucides, l’IG et la CG n’étaient pas associés au risque global de cancer du sein après la ménopause.

Cependant, ces associations semblaient différer selon les marqueurs de résistance à l’insuline. Ainsi, une augmentation de 35 % du risque de cancer du sein associée aux IG les plus élevés par rapport aux IG les plus bas était observée parmi les femmes en surpoids (IMC > 25 kg/m2), tandis qu’aucune association n’était observée parmi les femmes de poids normal (IMC < 25 kg/m2).

De façon similaire, parmi les femmes ayant le plus grand tour de taille, une augmentation du risque de cancer du sein était observée associée aux IG et CG les plus élevés.

Enfin, une consommation élevée de glucides totaux (RR = 1,78) et une CG élevée (RR = 1,55) étaient associées à une augmentation du risque de cancer du sein de statut négatif pour les récepteurs aux estrogènes.

Des études complémentaires, tenant compte des marqueurs métaboliques (résistance à l’insuline) et du statut en récepteurs hormonaux du cancer du sein, sont nécessaires.

Pour en savoir plus :

Lajous M, Boutron-Ruault MC, Fabre A, Clavel-Chapelon F, Romieu I. Carbohydrate intake, glycemic index, glycemic load, and risk of postmenopausal breast cancer in a prospective study of French women. Am J Clin Nutr. 2008 May;87(5):1384-91.