Évolution de l’utilisation du THM (Traitement Hormonal de la Ménopause)


Evolution, entre 1990 et 2005, de la prévalence d'utilisation de THM, parmi les femmes ménopausées de la cohorte E3N

Courbe utilisation THM

 

La figue présente, dans différentes tranches d'âge, la proportion de femmes ménopausées de la cohorte E3N qui utilisaient un THM une année donnée (y compris les estrogènes administrés par voie vaginale). On désigne cette proportion par « prévalence d'utilisation ». On note, dans chaque tranche d'âge, une nette augmentation de cette prévalence dans la période 1990-1997. En 1997, elle atteignait presque 70 % parmi les femmes ménopausées âgées de 55 à 60 ans. L'année 2002 marque une rupture, avec le début de l'effondrement de la prévalence d'utilisation des THM qui, en 2005, retrouve un niveau comparable à celui enregistré au début des années 1990.

Comment expliquer cet effondrement ? Jusqu'au début des années 2000, la prise en charge médicale des troubles de la ménopause passait essentiellement par l'utilisation de THM, efficaces à la fois sur l'ostéoporose et sur les troubles climatériques (bouffées de chaleur, sécheresse vaginale...). Les THM étaient alors très utilisés.

En 2003, des preuves de plus en convaincantes d'une augmentation du risque de cancer du sein ainsi que la possibilité d'une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires avec l'utilisation des THM ont amené les autorités de santé françaises à restreindre leurs indications au traitement des troubles climatériques, et pour une durée la plus courte possible.

Une meilleure connaissance des risques associés aux THM

Octobre 2014

ComprimesL’étude E3N a permis de mieux connaître les risques et les bénéfices associés aux traitements hormonaux de la ménopause (ou THM) utilisés en France, à l’instar de la Million Women Study au Royaume-Uni ou de la Women’s Health Initiative aux États-Unis. L’étude E3N confirme que certains THM peuvent augmenter de façon marquée le risque de cancer du sein ou de l’endomètre. L’excès de risque de cancer du sein s’estompe rapidement après l’arrêt des THM, sans toutefois revenir totalement à la normale chez les femmes les ayant pris plus de 5 ans. L’étude E3N confirme le risque d’apparition de calculs biliaires associé à la prise d’estrogènes seuls. Ces risques ont été mis en balance avec d’éventuels effets protecteurs contre le cancer colorectal ou le risque cardiovasculaire, cependant non confirmés à l’heure actuelle.

THM et risque cardiovasculaire

Les THM ont été initialement prescrits pour réduire les troubles de la ménopause (notamment les bouffées de chaleur ou la sécheresse vaginale). Il a ensuite été montré qu'ils pouvaient prévenir l'ostéoporose. Plus tard, plusieurs études d'observation ont suggéré qu'ils pourraient également comporter des bénéfices cardiovasculaires et cognitifs. Cependant, les résultats d'un vaste essai d'intervention américain publié en 2002 ont remis en cause la notion d'effet bénéfique global des THM.

THM : risques et bénéfices

Janvier 2012

Quel est le lien entre les traitements hormonaux de la ménopause (THM) et le risque de cancer du sein, de cancer de l'endomètre, de cancer colorectal ou de fracture ? Le rapport bénéfice / risque est complexe et dépend du traitement.

Troubles de la ménopause : risque d'apparition et facteurs impliqués

L'équipe E3N s'est intéressée à la manifestation des troubles de la ménopause mais aussi aux facteurs impliqués dans leur apparition. L'arrêt définitif du fonctionnement ovarien qui définit la ménopause fait partie du processus de vieillissement normal, mais toutes les femmes ne ressentent pas les troubles qui peuvent intervenir à cette période, dont les plus fréquents sont les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale. Deux études ont été conduites par l'équipe E3N. La première avait pour objectif d'évaluer à quel moment apparaissent les troubles de la ménopause, la seconde d'analyser les facteurs qui favorisent leur apparition.

THM et risque de cancer du sein

Une précédente analyse révélait une augmentation sensible du risque de cancer du sein chez les utilisatrices de traitements hormonaux de la ménopause (THM), variable selon le type de THM utilisé. L'équipe E3N a affiné ses recherches sur l'influence des traitements hormonaux, qu'il s'agisse des différents types de THM ou des progestatifs en pré-ménopause.

Le régime alimentaire : un facteur de confusion sous-estimé dans l’étude de l’effet du THM

Les résultats quant à l'effet des THM sur le risque cardiovasculaire divergent selon qu'ils proviennent d'essais cliniques contrôlés (effet nul ou risque augmenté) ou d'études d'observation (diminution du risque). Cette divergence, pour le moins intrigante, a conduit l'équipe E3N à s'interroger sur les différences de régimes alimentaires entre les utilisatrices et les non-utilisatrices de THM. S'agissant des nutriments, on note, chez les utilisatrices de THM, des apports plus élevés en alcool, oméga 3, vitamine B6, vitamine B12, vitamine D et phosphore. S'agissant des aliments, on relève notamment que les utilisatrices de THM consomment plus de poisson mais moins d'œufs que les non-utilisatrices.