Un lien évident entre endométriose et mélanome de la peau

L'équipe E3N a souhaité rechercher si le mélanome était lié à des facteurs hormonaux et, en particulier, étudier la relation entre le risque de mélanome et un antécédent de maladie gynécologique bénigne (telle que kyste ovarien, endométriose, fibrome, polype utérin, adénome/fibroadénome du sein et maladie fibrokystique du sein).

Pour cela, les données de 91 965 femmes ont été analysées ; 363 cas de mélanome ont été diagnostiqués durant les 12 années de suivi (1990-2002).

Le risque de mélanome était significativement plus élevé chez les femmes qui avaient un antécédent d'endométriose (RR = 1,62) que chez celles qui n'en avaient pas. De même, une augmentation du risque de mélanome a été observée parmi les femmes ayant eu un fibrome (RR = 1,33) comparées à celles qui n'en avaient pas eu. Pour les autres maladies gynécologiques bénignes, aucune relation significative avec le risque de mélanome n'a été mise en évidence.

D'autres études sont nécessaires pour expliquer le mécanisme sous-jacent aux associations trouvées entre l'endométriose et le fibrome et le risque de mélanome. Le lien entre fibrome et mélanome n'ayant pas encore été décrit dans d'autres études, il nécessite de plus amples investigations pour être confirmé.

Hormones et mélanome

grain beauteIl existerait un lien entre l'âge de la puberté et le risque de mélanome, les femmes dont l'exposition aux hormones ovariennes est réduite auraient un risque plus faible de mélanome.

Des taches brunes sur le visage, une ligne foncée et verticale sur le ventre. Au cours de leurs grossesses, certaines femmes voient leur peau se colorer. Ces manifestations passagères sont liées à l'action des hormones ovariennes (œstrogène et progestérone) sur les mélanocytes, les cellules qui contiennent les pigments qui donnent la couleur bronzée à la peau. Ces cellules sont aussi le lieu de naissance des mélanomes.

Cancers de la peau les moins répandus mais les plus graves, les mélanomes se manifestent généralement par une petite tache pigmentée sur la peau saine ou par la modification d'un grain de beauté préexistant. Dans les pays occidentaux, leur nombre ne fait qu'augmenter. Chaque année, environ 1 500 personnes en meurent en France, soit deux fois plus qu'il y a 20 ans.

Facteurs de risque des mélanomes

L'exposition excessive au soleil est le facteur de risque principal : il expliquerait deux tiers des cas. Il existe aussi des facteurs génétiques. Les personnes à « phototype clair » (yeux bleus, peau claire, cheveux blonds ou roux) sont par exemple plus sujettes à développer un mélanome. Les chercheurs de l'équipe E3N ont pris en compte ces différentes causes lors de l'analyse de la cohorte E3N, dans laquelle 460 cas de mélanome ont été diagnostiqués entre 1990 et 2005.