L'endométriose, une maladie féminine méconnue

Des rêves d'enfant brisés. Des règles insupportables. Une vie sexuelle impossible. Les témoignages poignants, laissés sur le site de l'Association française de lutte contre l'endométriose, soulignent le caractère débilitant d'une maladie féminine courante mais souvent méconnue : l'endométriose. Selon les sources, elle toucherait d'une femme sur 20 à une femme sur 10.

Qu'est-ce que l'endométriose ?

Son nom souligne son lien avec l'endomètre. Plus connu sous celui de « muqueuse utérine », ce tissu tapisse l'intérieur de la paroi de l'utérus et est à l'origine des règles - mais aussi du nid douillet qui peut accueillir l'embryon. Pour des raisons encore mystérieuses, des fragments de la muqueuse peuvent se développer hors de l'utérus, dans la cavité pelvienne ou sur les ovaires par exemple. Sensibles aux hormones féminines, ces fragments « saignent » comme ils le feraient dans l'utérus lors du cycle menstruel. Se développant de manière anarchique, ils peuvent provoquer des lésions ou des kystes sur les organes sur lesquels ils se sont fixés. Ces derniers peuvent être responsables d'infertilité. Entre 25 et 40 % des femmes qui rencontrent des difficultés à procréer seraient atteintes d'endométriose.

Lien entre endométriose et mélanome

En 2007, l'équipe E3N s'était déjà penchée sur cette maladie dont les causes sont encore peu connues. Elle avait montré un lien entre l'endométriose et un type de cancer de la peau : le mélanome. Pour les femmes qui avaient un antécédent d'endométriose, le risque de développer un mélanome était 62 % plus élevé que chez les femmes n'ayant jamais eu cette maladie.

Facteurs génétiques

Les chercheurs E3N ont depuis tenté d'en savoir plus. Des facteurs génétiques communs ne pourraient-ils pas expliquer l'association entre endométriose et mélanome ?

Pour cela, ils ont réinterrogé la base de données E3N pour savoir si les 4 241 cas d'endométriose étaient associés à la couleur de cheveux et de la peau, au nombre de grains de beauté ou de taches de rousseur, ou à la sensibilité à l'exposition au soleil des femmes ayant développé la maladie. Ces différentes caractéristiques sont en effet connues pour avoir des origines génétiques et influencer la survenue de mélanome. Tout comme le mélanome, il est ressorti que le risque d'endométriose augmentait avec le nombre de grains de beauté, de taches de rousseur ainsi qu'avec la sensibilité de la peau à l'exposition au soleil. Par contre, aucune relation n'est apparue avec la couleur des cheveux ou de la peau.

Ces résultats soutiennent l'hypothèse selon laquelle l'endométriose et le mélanome ont des causes génétiques communes. Ils nécessitent cependant d'être confirmés par des études génétiques. Ces dernières pourraient montrer que certaines versions de gènes sont plus fréquentes chez les femmes atteintes d'endométriose. Ce serait un pas en avant dans la compréhension de cette maladie. Trop de questions sur l'endométriose restent encore sans réponse. Au grand désespoir de millions de femmes.