Asthme et surcharge pondérale

Asthma inhaler useL'asthme et la surcharge pondérale sont à la hausse dans nos sociétés industrialisées. Y a-t-il un lien entre ces deux tendances ? Nous avons exploré ces questions à partir des données E3N. 

On souffre de plus en plus d'asthme dans nos pays. Parallèlement, dans tous les pays industrialisés, on note une augmentation de la fréquence de l'obésité. Avec la collaboration de chercheurs en épidémiologie respiratoire, nous nous sommes interrogés sur une possible relation. Objectif : mieux comprendre comment le poids pourrait agir sur l'asthme.

La surcharge pondérale est un facteur de risque

Nous avons analysé les données anthropométriques des femmes E3N ayant eu une crise d'asthme. Il en résulte que les femmes ayant l'indice de masse corporelle le plus élevé ont près de deux fois plus de risque de souffrir d'asthme. On observe aussi que les modifications de poids, que l'on perde des kilos ou que l'on en prenne, jouent un rôle important. Enfin, celles dont la silhouette s'est le plus étoffée depuis la puberté jusqu'à l'âge d'entrée dans l'étude E3N ont un risque d'être victime d'asthme augmenté par rapport à celles dont la silhouette n'a pas changé.

La prise de poids résultant d'une baisse d'activité liée à l'essoufflement ne peut être tenue pour responsable, puisque la modification de la silhouette est antérieure à la première crise. Reste donc pour principal suspect l'équilibre hormonal de la femme. Celui-ci, modifié sous l'effet de la surcharge pondérale ou de la modification de poids, aurait à la fois une action sur les bronches et sur les médiateurs de l'inflammation.

Asthme : attention aux sprays ménagers !

Pour dégraisser et faire briller, les sprays sont bien pratiques. Mais ils ne font pas bon ménage avec les crises d'asthmes.

En 2009, 800 femmes de la cohorte ont reçu un questionnaire portant sur leur santé respiratoire et la réalisation de tâches ménagères. Leurs réponses confortent les récentes recommandations européennes qui suggèrent de limiter l'utilisation de sprays ménagers. Les chercheurs E3N ont en effet trouvé une association positive entre l’asthme et l’utilisation de nettoyant sous forme de spray, au moins une fois par semaine, pour les femmes n’ayant pas recours à une aide ménagère. Afin de mieux comprendre cette association, plus de 21 000 femmes de la cohorte ont été à nouveau sollicitées en 2011. Les données sont en cours d'analyse.

Quels sont les facteurs environnementaux associés à l'asthme ?

La cohorte E3N, une fois de plus, a permis aux chercheurs de disposer d'un nombre de femmes suffisamment important pour étudier plusieurs facteurs environnementaux que l'on suppose liés à l'asthme de l'adulte, et aussi de l'enfant. Depuis quelques décennies, on observe une augmentation de l'asthme dans le monde qui pourrait être due à des changements de facteurs environnementaux ou comportementaux. Parmi de nombreux facteurs environnementaux, l'urbanisation, et plus particulièrement une moindre exposition aux animaux de ferme durant l'enfance, pourrait être impliquée. La modification des habitudes alimentaires a également été fortement suggérée pour expliquer l'augmentation de la fréquence de l'asthme dans la plupart des pays industrialisés.

Asthme : l'influence des fruits et légumes

On savait la consommation de fruits et légumes bénéfique pour la santé. Ce bénéfice pourrait également s'étendre à l'asthme chez la femme adulte. L'étude E3N apporte des précisions.

L'augmentation de la fréquence de l'asthme dans la plupart des pays développés depuis quelques années indique que les "facteurs environnementaux" jouent un rôle important. Parmi ceux-ci, on a évoqué les changements d'habitudes alimentaires. Plusieurs études suggèrent que la teneur en antioxydants des fruits et légumes, qu'ils soient crus ou cuits, pourrait agir dans les mécanismes de défense du poumon. Cependant les études épidémiologiques sur l'asthme chez l'adulte sont encore rares. Si deux d'entre elles ont démontré l'influence d'une grande consommation de fruits frais sur la baisse de problèmes respiratoires, aucun aliment particulier n'a encore été identifié.