Etre mère allongerait l’espérance de vie des femmes

Décembre 2015

2015 12 femme enfantLes femmes ayant eu des enfants vivraient plus longtemps que les autres. Tel est le constat d’une étude EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition) publiée dans le BMC Medicine. Cette dernière révèle l’impact des  facteurs hormonaux ou reproductifs sur la mortalité des femmes.
Au total, 500 000 adultes, dont 366 000 femmes âgées de 27 à 70 ans au moment de leur inclusion (entre 1992 et 2000) ont participé à cette cohorte, menée auprès d’une dizaine de pays européens. La France y est représentée par la cohorte E3N.

Avoir des enfants : un risque de décès moins élevé de 20 %

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont étudié les données relatives aux femmes décédées depuis le début de l’étude, soit 14 383 d'entre elles (dont 5 938 de cancer et 2 404 de maladies cardiovasculaires), afin de les comparer à celles étant encore en vie. Ils ont alors constaté que le risque de décès des femmes ayant eu au moins un enfant était de 20 % inférieur à celui des femmes sans enfant.

L’allaitement et la pilule augmentent également la durée de vie

Les scientifiques ont également constaté que le risque de décès des femmes ayant allaité, ayant pris la pilule (pour les non ou ex-fumeuses) ou ayant eu leurs règles après 15 ans était environ 10 % inférieur à celles ayant eu leurs règles avant 12 ans, n’ayant pas allaité ou n’ayant pas pris de contraceptif oral.

Améliorer la prévention

"L'objectif de l'étude EPIC était initialement d'étudier l'impact de l'alimentation sur le cancer et celui de E3N concernait initialement le cancer du sein. Mais ces cohortes permettent le recueil d’un nombre de paramètres si élevé qu'elles sont exploitées de façon plus large dans un second temps, explique Françoise Clavel-Chapelon, directrice de l’étude E3N. "EPIC, tout comme E3N, a une puissance statistique très importante, du fait du nombre de participants. On peut ainsi en tirer de véritables enseignements sur le risque à long terme de différentes pathologies, en lien avec des paramètres de vie ou de santé", ajoute-t-elle.

S’il est vrai que certains facteurs ne sont pas modifiables, ces résultats permettront aux professionnels d’améliorer la prévention en matière de santé publique féminine.

Pour en savoir plus :

La brève de l’Inserm : http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/avoir-des-enfants-reduit-le-risque-de-mortalite-des-femmes
L’article scientifique : icone pdf